Stephane Néfiolov

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Décembre 2009

J’ai été pris en grippe !
Incroyable mais vrai ! J’ai eu la grippe ce mois-ci ! Mais pas la grippe H1N1
www.tupeuxmouriravecça.com ! Même pas une grippe espagnole ou thaïlandaise ! Non ! Française, ma grippe ! Bien de chez nous ! Quel manque de classe !
Au début, j’étais vachement fier quand je me suis mis en quarantaine pour éviter à tout le monde de partager mes atroces souffrances. Et tous mes potes et mes copines avaient vachement pitié de moi. On parlait plus que de ma grippe dans les bistrots et dans les chaumières. Et puis, j’ai eu le malheur de rassurer tous mes amis qui mouraient d’angoisse en se demandant si j’allais survivre, et quand je leur ai dit que ma grippe était française, j’ai reçu une tonne de mails où ils se foutaient tous à peu près de ma gueule ! Quelle honte ! Rester au lit entre la vie et la mort pendant sept jours, ça, ça sonne. Mais supporter un petit 38, 39 de fièvre avec une bouillotte, ça fait tout de suite ringard.
Bon ! Soit ! J’ai donc été le ringard de la grippe du mois !
Mais tout ça pour vous dire qu’entre les infos à la télé, à la radio et dans tous nos journaux, et la réalité des faits, il y a une large différence de dramatisation dans les faits avec le corps médical. J’explique :
Quand je suis rentré vers 20h à la maison tout fiévreux, je me suis dit qu’il fallait bien suivre les conseils que tous les bons journalistes nous avaient donnés partout dans la presse. Aussi, la première chose à faire était de m’isoler sans même toucher la rampe d’escalier qui monte à ma chambre de peur de le contaminer, et d’appeler au plus vite le médecin pour expliquer mes symptômes. Oui mais voilà, on était un dimanche. Alors, j’ai bien suivi les règles préconisées, et j’ai appelé le 15, le service des urgences qui allaient m’expliquer ce que je devais faire pour ne pas mettre en danger mes proches, et pour pouvoir éviter une mort affreuse ! Courageux tel le Geronimo moyen devant les yankees, je surmontais donc ma douleur pour saisir mon combiné et appeler le 15. Une charmante hôtesse me répondit, commença par me demander mon nom, mon adresse, si j’étais à la sécu... Elle me posait tellement de questions, qu’à un moment donné je me suis demandé si elle cherchait pas un mec. Enfin, heureusement que j’appelais pas pour un infarctus, sinon je crois que j’aurais eu du mal à m’en sortir. Puis, ayant satisfait à ma reconnaissance civique, la charmante dame me demanda enfin d’exposer mes symptômes. Alors, je lui dis la phrase terrible qui terrorise tous les français en ce moment :
"Je crois que j’ai la grippe !"
Ah, ah, ma petite ! Ca, ça va te calmer net ! Sans s’énerver cependant, ma correspondante me demanda de patienter le temps de me mettre en relation avec un médecin, et que ça pouvait prendre plusieurs minutes. Mais, au son de sa voix qui me disait au revoir, j’ai bien senti qu’elle n’avait l’air pas émue plus que ça.
Dommage que j’avais pas envie de fumer, car j’aurais bien eu le temps de m’en griller une, avant qu’un médecin me prenne enfin au téléphone :
"Alors, vous vos appelez..., vous habitez... vous avez quoi au juste comme symptômes ?
- Eh bien, j’ai 39 de fièvre. La fièvre est montée par surprise en une heure, et je pense qu’il pourrait s’agir d’une grippe.
- Bon ! Vous avez pris du Doliprane ?
- Oui, et de l’aspirine aussi.
- Très bien ! Parfait ! Eh bien, restez au lit, et si demain ça ne s’arrange pas, allez voir votre médecin !
- Mais... Mais... bredouillais-je. Si je sors et que c’est la grippe, je risque de contaminer tout le monde.
- Mais non, mais non, me répondit le médecin en ligne d’un air blasé. Vos verrez bien demain.
- Alors, si c’est une grippe H1N1, insistais-je, je ne risque rien et je peux sortir quand-même ?
- Mais oui, me répondit l’homme sur un ton partiellement agacé. Ecoutez, c’est dimanche soir, et nous avons d’autres urgences bien plus importantes à traiter. Alors, faites comme je vous dis, et vous verrez bien demain.
- Bon, ben d’accord, répondis-je tout décontenancé. Alors, bonsoir docteur.
- C’est ça ! Bonsoir !"
Et l’homme raccrocha sans plus de civilités.
Eh ben, mes aïeux ! Eh ben, mes petits frères ! J’avais déjà les jambes coupées avec ma fièvre, et l’homme venait de m’achever en me coupant les bras ! Je revoyais tous les spots dramatiques à la télé. Je me remémorais tous ces articles de journaux :
- "La pandémie nous guette !"
- "Où s’arrêtera le virus maléfique ?"
- "Un mort inexpliqué victime du virus H1N1"
Et l’autre au bout du fil, qui me snobait comme si je l’avais appelé pour une entorse !!!
J’ai eu le temps de ruminer tout ça, mes amis ! Sept jours au lit à rien foutre, ça laisse quelques heures à s’interroger. Alors, j’en suis arrivé à la conclusion suivante, que faire du journalisme de nos jours, c’était bien un business comme un autre. Eh, oui ! Pour vendre, il faut de la dramatisation ! La peur ! Youppie ! Ca, ça fait vendre du papier, et ça fidélise les téléspectateurs du 20h ! Bon, c’est vrai, je le savais déjà un peu quand-même. Mais couillonné à mon tour alors que je pensais être immunisé, je vous le dis tout net, là je me sens... Mais je me sens... Humilié !!!
La légende du docteur Knock n’est pas prête à mourir. Elle a juste changé de corporation professionnelle. Aujourd’hui, ce sont les gens qui nous informent qui l’entretiennent le mieux ! (Pour ceux qui n’aurait pas lu "Le docteur Knock", celui-ci prouvait par A+B à tous les gens bien portant qu’ils étaient malades sans le savoir. Et son cabinet ainsi ne désemplissait plus.)
Eh ! C’est quand-même vachement plus dur de vendre de l’information en temps de paix qu’en temps de guerre ! Mais, peut-être suis-je mauvaise langue ? Peut-être que tout simplement, les journalistes eux-mêmes étaient mal informés ? Qui sait ?
Mille milliards de soubis à tous !
SN

 

Novembre 2009

 

Barak, Angela, Nicolas et Vladimir à la plage !

Il y a de cela environ une quarantaine d’années, quatre enfants jouaient sur une plage de Normandie. A l’initiative d’une organisation internationale, ces enfants venus d’horizons totalement différents, avaient été sélectionnés pour voir s’ils arriveraient à surmonter les antagonismes et les préjugés que leurs parents entretenaient les uns envers les autres.

Taciturne et peu bavard, le petit Vladimir venu de Moscou se gaussait néanmoins en faisant un château de sable. Certes, on lui avait collé comme camarade un pourri de capitaliste américain, mais il était noir ! C’était la première fois que Vladimir voyait un enfant de couleur. Il se demandait comment la nature pouvait être aussi cruelle pour infliger une telle punition à un être humain.

Venu de Paris, le petit Nicolas boudait dans son coin. D’abord, on lui collait une boche à ses basques, et en plus, c’était un vrai petit boudin ! Pff ! Quelles vacances pourries en perspective !

Enfin bref, l’expérience tournait lentement mais sûrement à la catastrophe !

Alors que les enfants continuaient à se regarder en chien de faïence, le petit Barak eut le courage de briser le silence :

" On peut jouer au jeu de la vérité, si vous voulez ? C’est marrant. Et puis, ça passera le temps !

- Petit menteur capitaliste veut jouer ? ironisa Vladimir avec un sourire perfide.

- Moi, je m’en fous, j’ai rien à cacher, interrompit le petit Nicolas.

- Heureusement, se moqua Angela. Parcequ’avec ta taille de nabot, tu pourrais pas dissimuler grand chose.

- Toi par contre, tu pourrais cacher une tonne de mensonges derrière tes kilos, gros boudin ! rétorqua le petit français sans se démonter.

- Oh, là ! On a même pas commencé et vous vous disputez déjà ! Mieux vaut peut-être ne pas jouer à ce jeu ! temporisa Barak.

- Mais si ! Jouons ! insista Vladimir impatient d’en découdre avec tous ces capitalistes.

- Bon ! D’accord ! se résigna le petit Nicolas. Comment ça se joue ?

- C’est très simple, expliqua le petit Barak. On pose une question à tour de rôle, et tout le monde doit répondre à la question sans mentir.

- Eh ben, commence, toi ! le défia Vladimir.

- D’abord, on crache par terre et on jure : croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer !"

Les quatre enfants s’exécutèrent. En levant la main droite, ils crachèrent par terre en jurant à l’unisson :

" Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer !"

Angela regarda Barak :

" Alors ? C’est quoi ta première question ?

- Ben... Une facile, pour commencer : qu’est-ce que vous voulez faire quand vous serez grand ?

- Moi, j’aimerais bien être policier, répondit le premier Nicolas.

- Moi aussi ! Travailler au K.G.B. pour faire la chasse aux capitalistes, ça me plairait bien ! enchaîna Vladimir."

Angela hésita avant de répondre :

" Ben moi, je ne sais pas. Si j’ai des enfants, je pourrai pas travailler.

- Pourquoi ? Il y a des maris pour les boudins, en Allemagne ? l’interrompit Nicolas. Tu triches ! Tu dois dire ce que tu voudrais faire !

- Eh ben, d’accord ! Je voudrais être chercheuse, et trouver un vaccin pour faire grandir les nains ! Ca te va ?"

Barak souriait dans son coin. Il avait bien réussi son coup ! Qu’est-ce qu’on se marrait !

" Et toi, petit bout de suie ? T’as pas dit ce que tu voulais faire ! Charbonnier, peut-être ? l’attaqua Vladimir.

- Non, répondit Barak sans prêter attention à l’insulte. Quand je serai grand, je serai Président des Etats-Unis !!!"

Les yeux de ses camarades s’agrandirent avant de se mettre à tourner comme des billes devenues folles. Puis, un énorme éclat de rire secoua les trois enfants, qui se roulèrent dans le sable en se tapant les côtes.

" Président ! Président des Etats-Unis d’Amérique ! réussit à articuler le petit Nicolas à la limite de pouvoir reprendre son souffle. Eh, Barak ! Faudrait déjà qu’t’arrives à monter dans le même bus que les blancs ! Parce que pour convaincre les électeurs, ça va pas être facile du haut de ton bananier !"

Et les enfants de redoubler de rire ! Vladimir reprit ses esprits :

" eh bien, si toi tu veux être Président de ton pays capitaliste, moi je veux bien être Président de la Russie ! Rien que pour pouvoir aller diner à la Maison Blanche avec petit bamboula ! Et tes serveurs ? Ils seront blancs ?

- Toi, Président de la Russie ? le contra Barak. Mais, regarde-toi ! On dirait que tu as été élevé dans un lavabo. T’es déjà à moitié névrosé, et tu as peur du monde qui t’entoure. Non ! Pour être Président, il faut être un homme ouvert ! Il ne faut pas regarder que son nombril comme toi !

- Eh ben, moi, je serai Président de la France ! les interrompit Nicolas. Il n’y a pas de raison.

- T’as vu la taille de De Gaulle ? intervint Angela. Non, mais regarde-toi ! Un nabot président de la France ! Et tout vilain, avec ça ! Si toi tu deviens Président, alors je deviendrai Chancelière de l’Allemagne !

- Ah, ah, ah ! Un gros boudin chancelière de l’Allemagne ! Eh, t’oublies qu’t’es une femme ou quoi ? Et même pas belle, en plus !

- Et lui ? Il est bien noir ? répondit Angela en désignant Barak."

La plaisanterie commençait à tourner au pugilat. Diplomate, Barak leva la main pour prendre la parole :

" Très bien ! Vous voulez tous devenir Présidents ? Alors, faisons un marché ! Donnons-nous rendez-vous jour pour jour dans quarante ans sur cette même plage ! Quoi que vous soyez devenus ! Celui qui ne sera pas ici dans exactement quarante années, ira brûler en enfer. On crache et on jure ! Vous êtes d’accord ?

- D’accord, petit charbonnier. Juste pour voir la tête que t’auras pour t’être ruiné à emprunter les sous pour le voyage !

- Oui, peut-être. mais moi, je veux juste savoir si tu seras quelqu’un d’assez important pour obtenir un visa pour pouvoir sortir de ton ghetto communiste !

- Je suis d’accord aussi, appuya Nicolas. J’amènerai une balance pour vache pour peser la teutonne ! J’ai hâte de voir ça !

- Je suis d’accord aussi, répondit Angela. Et moi, je n’aurai pas besoin d’un grand sac pour y glisser le petit double-décimètres qui me servira à mesurer le nabot français à côté de moi !"

 

Et voilà, mes amis ! L’étrange rêve que j’ai fait ce mois-ci. En fait, Coluche avait tort : on peut être petit, gros, moche, névrosé et noir, et quand-même réussir dans la vie !

Et vous savez quoi ? Ca, c’est de l’optimisme en barre ! Cet optimisme, denrée rare aujourd’hui, qu’on cherche à nous interdire à se procurer, sous prétexte d’être à la mode de chez nous, et dont j’ai peur qu’on en arrive à en sevrer les enfants.

Mille milliards de soubis à tous !

S.N.

Octobre 2009

Breton, tête de con ! Parisien, tête de chien !
Cette semaine, j’ai été à la capitale ! C’était trop top, car il a fait vachement beau ! Jusqu’au moment où j’ai voulu tourner à droite sur les "Champs-Elysées", et que personne ne voulait me laisser passer. Moi, j’étais poli et patient. Et puis je me disais :
"Il y en a bien qui va voir que je suis pas d’ici, avec mon 56 au cul !"
Et effectivement, il y en a un qui l’a remarqué ! Il a pilé à ma hauteur, et ma lancé à travers sa vitre ouverte :
"Breton, tête de con !"
Eh ben, je vous jure : ça m’a fait rire ! Sans compter que le temps que le mec m’insulte, il aurait eu aussi vite fait de me laisser passer ! Et puis, je me disais que les parisiens, en fait, ils avaient pas de chance, les pauvres, d’être entouré de plein de gens qui avaient eu des maladies vachement graves à la naissance, comme être nés arabes, juifs, noirs, corses, bretons, ou pire : pecnots ! C’est vrai, quand-même ! On se demande bien ce que font ces gens dans notre bonne capitale qu’elle appartient qu’aux parisiens ! Il y a même plein de bars qui sont tenus par des auvergnats ! Là, il y a vraiment de quoi devenir raciste ! Vous vous rendez compte ? Des mecs de Clermont-Ferrand ! On aurait pu leur pardonner s’ils étaient venu vendre des pneus ! Mais tenir des bistrots ! Il n’y a plus de savoir-vivre, que voulez-vous ma pauvre dame !!!

Alors, je voudrais exprimer ce mois-ci, toute ma solidarité aux parisiens, et leur dire que je comprends leur humeur désagréable au volant, et dans leurs troquets ! Il y a tellement d’étrangers chez eux, qu’ils savent même plus à qui parler. C’est pour ça que je suis allé me payer un demi sur une terrasse aux "Champs-Elysées". Là, je me suis dit que les parisiens qui travaillaient dans le coin, ils seraient plus habitués aux étrangers, vu quand-même que j’étais sur la plus belle avenue du monde, et que des cars et des charters de touristes font la queue pour venir voir si c’est vrai.
Il faisait super beau ! Je ressentais ce que ressent le riche nabab, attablé fièrement sur ma terrasse, et sirotant mon bon demi, qui, en fait, était pas si terrible que ça. Mais, comme il avait le goût de riche, c’était excusable. Et puis, au moment de me lever pour quitter à regret ce monde éblouissant, j’interpellai le serveur et lui demandai :

"Combien vous dois-je, s’il vous plaît ?"
Et là, le garçon m’a répondu avec cette prestance parisienne que nous envient tous les touristes :
"C’est marqué sur le ticket !"
Et ce qu’il y avait marqué sur le ticket, c’était 7 euros 80 cts ! Heureusement que j’avais pas commandé une "Leffe" ou une "Kriek" ! J’aurais été obligé de faire un chèque !
Mais, bon, c’est pas tous les jours qu’on peut jouer au japonais. Sauf que les japonais, pour la plupart, ils comprennent pas le français. Et à Paris, je vous le dis, souvent,  il vaut mieux pas le comprendre ! C’est pour ça qu’en partant de ma terrasse, j’ai joué à l’innocent, et j’ai lancé au garçon :
"Kenavo !", (au-revoir en breton, pour ceux qui ne manierait pas notre belle langue celte).
Et comme le gars me regardait avec des yeux ronds, car il croyait connaître tous les au-revoir : good-bye, auf wiedersehen, sayonara, adios, ciao, je lui ai dit avec mon plus beau sourire :
"Mon ami, ce qui est bien dans votre sympathique quartier, c’est qu’effectivement, tout est soigneusement marqué : le prix de la bière sur le ticket, et la connerie sur ta gueule !"
Eh ben, croyez-moi si vous voulez, mais le gars il a pas dit pain ! Tête de con, soit ! Mais innocent, ça, jamais !!!
Eh, les parisiens, j’ai quand-même plein de potes chez vous ! Et je vous rassure, vous n’êtes pas tous concernés. Juste cernés par quelques cons ! Et puis, mais chut, c’est un secret...: je suis né dans le 14ème !
Mille milliards de soubis à tous !
SN

Septembre 2009

Habille ton chien, et va à la messe !
Moi, j’ai jamais voulu me fâcher avec Dieu ! Peut-être quand-même avec certains de ses représentants qui te le vendent, et qui ont même pas un échantillon sur eux ! Mais que voulez-vous ! Tout le monde peut pas être le Dalaï-lama ! Lui, il me sidère ! Avec son sourire bonhomme, sa simplicité enfantine, à chaque fois qu’il parle, j’ai l’impression d’être un hanneton égaré dans une tempête de sable, mais je sais que si je suis la direction de sa boussole, je finirai toujours par retrouver mon chemin. Et puis, le Dalaï-lama, il est pauvre. C’est peut-être aussi pour cela qu’il est si riche ! C’est le seul qui peut se permettre cette étonnante contradiction. Car le plus pauvre des riches est quand-même riche, et le plus riche des pauvres reste toujours un pauvre !
Pauvre : voilà un mot qu’il est difficile à cerner ! T’as : pauvre hère, (oups, pléonasme), pauvre con, pauvre mec, pauvre abruti, etc... Et pourtant, les mecs à qui tu dis ça, ils sont des fois bien plus riches que toi. C’est vrai, l’insulte suprême, ce serait plutôt de dire : riche con, riche abruti, riche débile... Là, ça sonne dans l’insulte ! Parce que si t’es pauvre, c’est rarement toi qui l’a choisi. Tandis que si t’es très riche dans la connerie, c’est sans doute parce que t’as pas du écouter assez le Dalaï-lama, qui lui est très pauvre dans ce domaine.
Ah ! Que voulez-vous ! Le monde est rond comme nos nombrils. Et faut bien reconnaître que quand il est midi à Paris, on dort de l’autre côté de la planète. Et c’est là que c’est vachement dur d’aller réveiller le chinois pour lui proposer une pétanque ! Et c’est pour ça qu’à l’heure de la moule-frite à Bruxelles, le riz chinois reste chez lui, cantonné au pays, d’où la célèbre appellation : le riz cantonné !
Remarquez, si on veut faire des efforts, on peut quand-même trouver des solutions pour réunir tout le monde en même temps sur cette planète. La preuve, avec mon pote Mémé LUCCACCIO, vous savez, la longue partition de ferraille interminable qui m’accompagne dans tous mes concerts pour foutre le bordel et qu’on appelle batteur, eh bien avec Mémé, en 1999 en Corse, on a joué à l’Irish Pub à Ajaccio, et le plat du jour, je vous le donne Emile, c’était... une CHOUCROUTE ! Si ça, c’est pas un échantillon de la fraternité humaine, je peux plus rien pour la paix dans le monde !!!
Mille milliards de soubis à tous !

 

Juillet 2009

Le biquet et la vieille bique !
Quand j’étais petit, je n’étais pas très grand, mais je faisais, il faut bien l’avouer, pas mal de bêtises ! Bon, soit, j’avais une excuse : j’habitais Cambrai ! Je me rappelle encore très bien de la grande maison que mon père avait louée, avec notre salle de jeux au deuxième étage, mon circuit 24 trônant au milieu des poupées de mes soeurs. Et : mon petit vélo vert !
Ah, qu’est-ce que j’ai pu l’aimer celui-là ! Et pourtant, combien de gamelles je me suis ramassées avec ! Je mettais du carton dans les rayons pour faire du bruit, et je terrorisais tout le quartier en passant à fond sur les trottoirs ! Jusqu’au jour où mon père m’a chopé, et que ça m’a valu une sacrée tôle !
Et puis, par un beau jour ensoleillé, j’ai vu deux grands costauds débarquer dans la maison, et  installer dans le salon : un PIANO ! Alors là, vous auriez vu le Stéphane : bouche bée ! Fasciné ! Prêt à sacrifier son circuit 24 pour pouvoir caresser les touches magiques noires et blanches, et à inventer du bout de ses petits doigts, une nouvelle race de rock’n’roll : le n’importe quoi pourvu que ça fasse du son !!!
Ma mère y vit tout de suite l’occasion de canaliser mon énergie débordante et pour le moins tumultueuse. Et c’est ainsi que je fis mon entrée au Conservatoire de Cambrai, impatient d’apprendre à maîtriser la bête entrée dans notre salon !
Il y avait un jeune prof vachement sympa, et sans rien demander à personne, je m’étais mis dans le rang de ses élèves.
Arrivé dans la salle de cours, un des gamins qui devait être un peu plus vieux que moi, est venu jouer un exercice que lui avait donné le jeune prof ! J’en croyais pas mes oreilles ! Le gamin se promenait sur le clavier tel un Mozart moyen de huit ans, et je me demandais comment il pouvait faire pour jouer pareillement dès notre premier cours !
Puis, le prof à la dégaine hyper-cool s’est tourné vers moi, et m’a dit :
"Dis-donc ! Je ne te connais pas, toi ? Tu peux me montrer ce que tu sais faire ?"
Ben, bien-sûr que j’allais lui montrer ! Je m’avançais sans peur vers le piano, fis bouger mes doigts dans un échauffement succinct, et décidais de lui jouer ma dernière composition, une suite de notes très rythmées qui avait fait hurler notre bonne espagnole Amparo la veille à la maison, et que je m’étais dit qu’elle n’avait aucun sens du rock’n’roll ! Et c’était parti ! Je me mis à taper de toute mon énergie sur le piano devant tous mes nouveaux copains, et je fus très surpris de recevoir en ovation devant mes premières notes, un immense éclat de rire général !
Le jeune prof que je trouvais vachement sympa m’arrêta d’un geste de la main, et me dit dans une mimique qui fit redoubler les rires de mes petits camarades :
" C’est intéressant, mon petit ! Mais, dis-moi : en combien d’année tu es ?
- Ben, en première, monsieur. Je commence aujourd’hui !"
Et la salle de redoubler de rires !
" Je comprends mieux, fit mon professeur en souriant. Mais ici, tu es avec les 3ème année ! Ta classe est à côté, avec Madame Van Riswick. Viens, suis moi, je vais te conduire !"
Moi, j’étais vachement déçu de quitter ma classe, et puis surtout, de ne pas pouvoir avoir ce prof que je trouvais vachement sympa, je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit. Le prof en question m’introduisit dans une autre salle, et lança à une espèce de vieux truc à barbe au regard patibulaire :
"Tenez, Madame Van Riswick, je vous ramène un de vos élèves qui s’était égaré.
- Merci, cher collègue, répondit la créature dans une voix aussi grinçante que la porte d’un hangar qui n’a pas servie depuis 45 ans ! Assieds-toi là, jeune écervelé ! me fit-elle ensuite en me désignant une place tout au fond de la salle, au dernier rang."
Moi, j’étais pas trop content d’être au dernier rang. D’abord, parce que j’étais miro comme une chaufferette, ensuite, parce que je voulais apprendre le plus vite possible les rudiments du piano, pour pouvoir rejoindre le prof de tout à l’heure, qui lui, j’en étais sûr, devait vachement aimer le rock’n’roll !
Mais, je n’eus pas le temps de m’apitoyer sur mon sort. Déjà, la vieille bique à barbe m’interpelait :
" Bon, toi, le nouveau ! Viens me rejoindre au piano !"
Du coup, je n’en voulais plus du tout à Mme Van Riswick ! Finalement, elle était peut-être vachement cool ! En tous les cas, c’était vachement sympa de me faire jouer dès mon premier cours ! Je m’avançais à côté du piano, et là, Mme Van Riswick appuya sur une touche et me dit :

"Qu’est-ce que c’est que ça ?
- Une note, Madame, répondis-je fièrement en étant sûr d’avoir tout bon.

- Une note ? Monsieur joue au plus malin avec moi ! Monsieur démarre bien son année ! Nous entendons Monsieur, que c’est une note ! Un âne l’entendrait ! Mais quelle est cette note ?"
Alors-là, mystère et boule de gomme !
" Un do, fis-je au hasard en priant le ciel d’avoir bon.
- Un do ??? Tu entends un do ? Eh bien, il va falloir que l’on dresse ton oreille, mon gaillard ! Ce que tu viens d’entendre était un la ! Un la, tu m’entends ! Tu me feras cinq gammes de do à la maison pour t’apprendre à reconnaître un la d’un do ! Et tant que tu auras aussi peu d’oreille, il sera hors de question que tu mettes tes doigts sur ce clavier ! C’est compris ? Retourne à ta place et que je ne t’entende pas broncher !"
Ah, ben mes aïeux ! Ah, ben mes petites soeurs ! Je retournais à ma place : humilié !!! Mais humilié, comme je n’avais jamais ressenti ce mot !
En sortant du Conservatoire, ma mère qui m’attendait dans sa voiture me lança :
" Et alors, mon biquet ? C’était bien ce premier cours de piano ?
- Ah, pour être bien, c’était bien ! répondis-je en baissant les yeux pour qu’elle ne pût pas deviner le désarroi qui m’embuait le regard !"
Elle ne pouvait pas savoir que le biquet venait de rencontrer sa grand-mère : la vieille bique !
Et sur ce, six mois ont passé !
Un matin, les abeilles se mirent à bourdonner dans mes petites oreilles. En descendant pour prendre mon petit déjeuner, je surpris une conversation de ma mère au téléphone :
" Bonjour, je suis Madame Néfiolov, et je ne comprends pas, car je n’ai toujours pas reçu votre facture pour les cours de piano de mon fils Stéphane, qui est entré en 1ère année.
- Mais, Madame, c’est tout à fait normal, entendu que votre fils a été inscrit chez nous en septembre, et qu’il n’est en fait jamais venu au cours.
- Jamais venu au cours ? Vous devez confondre avec un autre élève, Monsieur, car je dépose mon fils tous les jeudis matin au conservatoire, et  je le reprends une heure après à chaque fois.
- Ecoutez, Madame, je vous garantie qu’il n’y a pas d’erreur ! Le jeune Stéphane Néfiolov n’a suivi qu’un seul cours chez nous, je vous le certifie ! J’ai sa fiche sous les yeux ! Il ne peut pas y avoir d’erreur !"
Tapi sur une marche de l’escalier, je contemplais le visage de ma mère se décomposer, et ne strictement rien y comprendre. En raccrochant le téléphone, son regard surprit le biquet qui n’en menait pas large !
" C’est vrai, maman, attaquais-je le premier. Je n’ai jamais été aux cours ! Quand tu me déposais, je faisais semblant de rentrer au Conservatoire, et une fois que tu étais partie, j’allais faire un tour en ville, en attendant que l’heure se passe.
- Mais pourquoi ? Pourquoi ? Toi qui étais si heureux d’apprendre le piano ?"
Alors, je lui racontais mon histoire en sanglotant, car je savais que si je pleurais, elle ne me disputerait pas. Et ma maman prit son biquet dans ses bras et lui dit :
" Ce n’est rien, mon chéri ! Mais si cela devait arriver de nouveau, il faut que tu m’en parles. Et surtout, il ne faut pas que tu traînes tout seul dans les rues. Tu te rends compte ? S’il t’était arrivé quelque chose, je ne m’en serais jamais remise !"
Et c’est ainsi que ma carrière de pianiste virtuose fut enterrée dans l’oeuf ! Aujourd’hui, j’en veux encore à cette vieille bique qui m’avait terrorisé. A cause d’elle, je n’ai jamais appris le piano qui est le roi des instruments pour l’harmonie, le sens du rythme qu’il développe, et la richesse de son clavier pour composer !
La morale de cette histoire, vous le devinez aisément, est qu’il ne faut jamais traumatiser un enfant, et rencontrer ses mentors avant de les confier à une quelconque éducation ! Car les biquets sont fragiles, et les loups, les vieux cons et les vieilles biques si perfides !
Mille milliards de soubis à tous !
SN

Juin 2009

Juin ! Debout, Maréchal !
Il s’en est passé des choses, cette semaine ! Les journalistes, ils ont pas été au chômage ! Entre une catastrophe aérienne, un nouveau débarquement en Normandie, la mort d’un taureau en direct sur le court central de Roland-Garros, et la sortie d’un film qui t’explique que dans 10 ans la planète sera foutue si on ne réagit pas de toute urgence, on ne savait plus où donner de l’oreille !
Ah, oui, j’oubliais, dans tout ce micmac, il y a aussi la campagne pour aller voter et élire nos députés européens ! Moi, je voudrais bien aller voter, mais ce sont toujours les mêmes qui se présentent ! C’est pas du jeu ! Il doit y avoir de la triche ! Tous ceux qu’on vire, ils reviennent comme s’ils avaient pleins de jokers dans leurs manches.
Et puis, moi, je suis peut-être pas très malin, mais alors eux !!! Un exemple : à l’extrême gauche, ils ont deux Partis à 4% : ben, qu’ils en fassent qu’un, et ça fera 8% ! Et puis, nous, les électeurs, on n’est pas très malins non plus. Un exemple : tout le monde râle contre notre bon Président que c’est nous qui l’avons élu et que tout le monde dit qu’il regrette d’avoir fait ça ! Et dans les sondages des européennes, le parti de notre Président est largement en tête ! J’avoue que ça me laisse perplexe ! Qu’est-ce qu’il y a comme hypocrites ! Ou alors, les électeurs veulent peut-être envoyer notre bon Président gouverner l’Europe, pour s’en débarrasser en France ? Envisagé sous cet angle, c’est assez machiavélique, mais pas bête !
En tous les cas, les politiciens, ils sont drôlement malins ! Quand ils se font virer sous l’étiquette d’un Parti, ils créent une autre marque de Parti !!! Moi, la première fois que j’ai entendu parler du MODEM, je croyais que c’était un nouveau jeu de lego ! Ou de maquettes : MODEM, maquette opérationnelle démontée et à monter ! Quand j’ai vu les oreilles du président des lego, j’ai tout de suite compris mon erreur. La LCR, aussi : Ligue communiste révolutionnaire ! Ah, bon, il est revenu Krivine ? Mais, dans la politique, faut suivre, sinon t’es vite largué !
Il n’y a que le PS qui ne change pas de nom ! Ouf ! J’en avais mare d’avoir tout faux ! Jusqu’au jour où on m’a expliqué qu’au PS, il y avait plein de courants différents. J’ai demandé ce que cela voulait dire, et on m’a expliqué en gros qu’au PS, il y avait plein de gens qui pensaient complètement différemment les uns des autres, qui se haïssaient entre eux encore plus qu’ils haïssent Sarkosy, (la preuve, il y a même des élus du PS qui ont été au gouvernement de notre bon Président), et qu’en fait, en gros, ils disent tous qu’ils sont plus socialistes que l’autre et qu’il n’y a pas de raisons pour qu’ils s’en aillent ! Pffff... Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai mis vachement longtemps à comprendre, et je ne suis pas sûr d’y être arrivé ! La seule chose qui m’inquiète, c’est que le temps qu’ils passent à s’engueuler, ils ne le passent pas à s’occuper des ouvriers et des petites gens, qu’ils proclament pourtant haut et fort qu’ils sont là pour ça !
Aujourd’hui, force est de constater que les artistes restent les seuls visionnaires avertis ! Même dans la politique ! Rendons donc hommage à notre regretté Nino FERRER, qui chantait au début des années 70 :
" Et c’est pourquoi je voudrais : je voudrais être noir !"
A l’époque, tout le monde pensait qu’il était fou, et que c’était vachement mieux d’être blanc, vu que t’étais pas emmerdé par les contrôles de Police, et que c’est pas toi qu’on montrait du doigt à chaque fois qu’il y avait un casse dans une cave ! Mais aujourd’hui, il n’y en a qu’un qui fait l’unanimité, et il est noir : Barak OBAMA, le bon Président des Etats-Unis d’Amérique. Il n’y a que BEN LADEN qui a dit qu’il l’aimait pas. Mais comme il vote pas...
Alors, j’ai peut-être une idée pour les élections européennes. On n’a qu’à faire venir un sage indien d’Amérique, l’installer à la présidence, et ça aura au moins deux avantages : on est sûr qu’il fera tout pour respecter la planète, et on aura le droit de temps en temps de fumer le calumet de la paix sans se faire tirer dessus à boulets rouges !
En attendant, je vous laisse méditer la réflexion de mon vieil ami Richard, qui, alors que je lui demandais le pourquoi du comment des choses, un soir où il faisait bon à contempler le coucher du soleil embraser la montagne en Corse, m’a répondu cette phrase que je garderai pour la postérité :
" En politique, mon pauvre Stéphane, plus tu comprends, moins tu comprends ! Et une fois que tu as compris ça, tu as tout compris !"
Mille milliards de soubis à tous !
SN