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Octobre/Novembre 2010 Aimons-nous les uns, les autres ! Je me rends ! J’étais à la bourre le mois dernier sur la "lettre du mois", je voulais récupérer en en faisant une deuxième pour octobre, et puis j’ai compris qu’on ne rattrapait pas le temps perdu ! Alors, je me mets à jour et je vous envoie la "lettre du mois" d’octobre/novembre, et on en parle plus ! C’est vrai, quand c’est perdu, c’est perdu ! Des fois même quand c’est retrouvé ! Exemple : j’ai perdu mon passeport il y a six mois ! Je l’ai cherché partout ! J’ai maudit, pesté après la terre entière, et je me suis rendu. J’ai fait refaire mon passeport le lundi, la résignation sur le front et les 90 euros qui vont avec pour le renouvellement ! Eh bien, le mercredi, mon téléphone sonnait. C’était mon ex toute guillerette qui m’annonçait : « J’ai une super nouvelle ! J’ai retrouvé ton passeport ! Il était coincé entre le frein à main et le fauteuil de ma voiture ! T’es content ? » Que voulez-vous ? Il y a des moments comme-ça où on trouve tout injuste ! C’est pour ça que j’ai écrit « Dans 40 ans » ! Vous savez, ma chanson sur l’album « Voilà » qui est en écoute libre sur ce site dans la rubrique « Téléchargements » ! (Pff, c’était long, la pub, là) ! Ben « Dans 40 ans », je dis à tout le monde qu’il faut s’aimer maintenant et ne pas attendre demain ! C’est beau, non ? Eh bien, vous savez quoi ? Il y en a qui ne m’écoute même pas ! Ils continuent à se foutre sur la gueule, et pourtant tout le monde sait qu’ils seraient tétanisés de remords et de regrets si l’autre venait à disparaître ! Eh, vous savez quoi ? La phrase la plus bizarre que j’ai jamais entendu, c’est : « Aimons-nous les uns, les autres ! » Ca, faut avouer que c’est quand-même pas simple ! Tu te rends compte : si tu en aimes un qui en aime un autre ??? T’es pas dans la gadoue, mon poteau !!! Et si l’autre qui croit que t’en es un alors qu’il t’a pris pour un autre ? Il va lui falloir beaucoup de mansuétude pour comprendre qu’il doit quand-même t’aimer. La phrase à ne surtout pas dire dans un moment aussi critique, c’est : « Bof, l’un dans l’autre, ça revient au même ! » Tu te rends compte du grave incident diplomatique que ça peut provoquer ??? Le gars, il peut croire que tu peux coucher avec sa femme ! Pire ! Il peut aller voir ta femme et lui dire que c’est toi qui lui as dit qu’il pouvait coucher avec elle !!! Le boxon ! Mais, le boxon !!! Va débrouiller après, un tel imbroglio ! Eh, les filles, rigolez pas trop, ça marche à l’inverse aussi ! L’autre jour, j’ai été voir « quelqu’un » que j’aimais bien qui habitait chez un autre. Eh bien, il ne m’a pas servi l’apéro, le bougre ! Tout ça parce que les bouteilles dans le bar n’étaient pas à lui mais à l’autre. Ah, je vous jure, c’est compliqué de s’aimer les uns, les autres ! Si en plus ça nous prive de l’apéro ! Et puis, va dire à ta femme que tu l’aimes, mais que tu détestes pas les autres !!! Je ne suis pas sûr que tu liras à ce moment-là l’amour du Christ au fond de ses yeux ! En fait, c’est ma maman qui avait raison ! Elle disait toujours quand mes sœurs et moi lui tapions sur le système : « Je crois que je vais en prendre un pour taper sur l’autre ! » Et là, on comprenait parfaitement ce que ça voulait dire ! Mille milliards de soubis à tous ! SN Septembre 2010
Ne priez pas au Québec ! Bon, je sais, on est en octobre et vous vous dites que le Néfiolov a pris du plomb dans l’aile pour envoyer sa lettre du mois de septembre en octobre ! Mais je suis désolé, mes chers amis, avez-vous déjà réalisé les méfaits du décalage horaire ? Eh bien, en voilà un pur exemple ! De mauvaise foi aussi, je vous l’accorde ! Ou bien, ai-je été victime du fameux décollage horaire, comme me le disait récemment une amie dans une lettre attentionnée : « Mon cher Stéphane, j’espère que tu n’es pas trop éprouvé par le décollage horaire ! » Is’n’t that nice ? Enfin, me voilà de retour après deux mois passés au pays des caribous ! Et je peux vous dire qu’après un tel stage, je suis devenu assez féru en expressions québécoises ! Exemple, alors que je discutais en conduisant avec un ami et que je lui racontais une belle histoire de mon pays breton, celui-ci m’interrompit tout d’un coup sèchement : « Bon, ben, maintenant, tu peux arrêter ton char ! » Moi, je trouvais que j’avais rien dit de trop exagéré, et je le regardai d’un air interloqué : « Ben, pourquoi tu me crois pas ? -Si, je te crois, mais arrête ton char ! -Mais je ne te raconte pas de char ! -Ah ! Hostie de maudit français ! Arrête ton char, ça veut dire qu’on est arrivé et que tu peux te ranger quelque part ! » C’est comme-ça que j’en ai déduit que peut-être les romains avaient envahi le Québec aussi, vu que là-bas les voitures sont des chars. Mais, l’information reste à vérifier ! Et puis, on est descendu manger une poutine. Alors, la poutine, contrairement à ce qu’un européen inculte pourrait penser, n’est pas servie par Vladimir. En aucun cas, ce n’est un plat russe importé. Non, c’est une spécialité locale, qu’il faut certes goûter, mais qui n’est bonne que si vous n’avez pas mangé depuis deux ou trois mois ! Parce que, pour jouer au basket après avoir manger une poutine, c’est comme courir le cent mètres en santiags sur une piste fibrée ! Ca va grincer des dents, de Montréal en Gaspésie, après ce que je viens de dire ! Bon, pour me faire pardonner, vous pourrez, cher amis québécois, toujours mettre cette remarque sur le complexe de supériorité culinaire des français. J’ai pas envie de recevoir une poutine à la crème en pleine figure à ma prochaine descente d’avion sur le sol de Montréal ! C’est vrai, quoi ! Une poutine, c’est déjà lourd, mais alors à la crème !!! En fait, le meilleur conseil que je peux vous donner en arrivant au Québec, c’est d’éviter les conversations catholiques. Cela pourrait porter à de terribles quiproquos ! En effet, si un québécois vous lâche un : « Hostie ! », en plein milieu d’une conversation, je vous le dis, ce n’est pas parce que le St-Esprit vient de l’éclairer et qu’il éprouve subitement l’envie de communier ! De même qu’un « Tabernacle ! », (prononcé en québécois Tabarnack), ce n’est pas qu’une soudaine envie lui prend d’aller s’agenouiller devant l’autel d’une église ! Et, ne vous avisez pas de lui dire que vous avez été éclairé par le Christ, sous peine de passer pour un mal élevé personnage ! En effet, vous comprendrez vite qu’au Québec, tous les jurons sont à base d’expressions religieuses. Exemple concret : si un québécois vous dit : « Hostie ! » C’est qu’il y a quelque chose qui le chagrine. S’il vous dit : « Hostie de tabarnack ! » C’est qu’il n’est pas content ! Et s’il vous lâche un : « Christ, hostie de tabarnack ! » C’est qu’il n’est pas content, mais alors là, pas content du tout ! C’est ainsi qu’arrivé tout droit de France, un brave séminariste passa pour le plus vulgaire des hommes de Dieu et choqua au plus profond le chauffeur de taxi qui l’emmenait vers le centre de Montréal, lorsqu’il dit d’un air angélique en montant dans la voiture : « Cher monsieur, je remercie le Christ et m’en vais de ce pas manger l’hostie de son corps en me recueillant sur un tabernacle, pour le remercier de m’avoir fait traverser l’Atlantique sans encombres ! » Il paraît que le chauffeur de taxi, depuis, s’est converti au Bouddhisme ! Mille milliards de soubis à tous, et une grande pensée à mes amis québécois qui me manquent déjà ! SN Aout 2010 J’ai écrit un conte ! Comme c’est l’été et que je suis très solidaire de mon public, j’ai décidé de vous venir en aide pour pouvoir endormir vos chérubins, car je sais que le plus dur est bien de distraire ces chères têtes blondes pendant les vacances. Aussi, vous serez heureux de pouvoir bercer vos petits afin qu’ils s’endorment béatement à la lumière de l’ordinateur, en vous écoutant leur lire le beau conte que je viens d’écrire en me creusant la cervelle pour que vos soirées s’emplissent de quiétude une fois les bêtes endormies ! Bien entendu, dans mon conte il y a une méchante princesse, un gentil troubadour amoureux, et un petit meurtre pour ne pas déstabiliser ces chers petits après leur journée passée sur la console à tuer plein de mecs qui ont des têtes patibulaires, et qui ressuscitent à qui mieux-mieux, on se demande par quel miracle ! J’ai donc testé mon conte avant de vous le faire parvenir, et comme dans « les chiffres et les lettres », cette émission qui dure depuis 100 ans, je peux vous assurer que mon conte est bon ! Tiens, une petite parenthèse en parlant des « chiffres et des lettres », vous savez que le record appartient toujours à un marseillais ? Et oui, ce jour-là, le représentant de la Canebière affrontait un parisien, et les deux hommes pour se contrer et ne pas lâcher le moindre point à l’adversaire avaient demandé le tirage suivant : Le marseillais : « Consonne ! » Le parisien : « Consonne » Le marseillais : « Consonne » Et à tour de rôle, les deux énergumènes n’avaient demandé que des consonnes ! Bon, pour faire un mot avec que des consonnes, à part en polonais peut-être, c’est pas simple ! Lorsque l’animateur se tourna vers le parisien pour lui demander son mot, le parisien hilare avait répondu : « Eh ! Il y a zéro lettre ! Il n’y a que des consonnes ! » Avec une moue dubitative, l’animateur se retourna alors vers le marseillais pour lui demander s’il avait un mot, et à la stupeur générale, ce dernier répondit : « Sept lettres ! - Sept lettres, monsieur Marius ? fit l’animateur ébahi ! Alors là, je vous écoute ! - C’était simple : PSGCDPD ! » *Petite note pour les non-initiés au football français, le club de Paris s’appelle le Paris-St-Germain, plus communément appelé le PSG . Maintenant, vous pouvez relire la réponse du marseillais ! Bon, mais je m’égare ! Et mon conte ! Je vous livre donc cette fabuleuse histoire qui vous vaudra la reconnaissance éternelle de votre femme pour avoir si bien endormi les petits ! Ne vous inquiétez pas, ça marche ! Si, d’aventure, l’enfant ne s’évanouissait pas dans les bras du marchand de sable, alors, je vous préconise le « coup de pied au cul en pleine tête », arme toute aussi fatale, mais plus brutale, j’en conviens ! Mille milliards de soubis à tous, car après le conte, chut !... Les enfants dorment. Conte écrit par votre serviteur, le 12/05/2010 : Un chanteur aimait une princesse ! Une princesse aimait un chanteur ! Un jour, n’y tenant plus, le chanteur déclara sa flamme à la princesse ! Folle de joie, la princesse sentit son cœur vibrer, mais vibrer comme jamais il n’avait vibré ! Elle fut si heureuse de toute sa journée, que le soir, elle envoya ses gardes pour tuer le chanteur, puis elle pleura amèrement ! Quelques jours plus tard, sans que personne ne puisse la voir, elle alla déposer des fleurs sur la tombe abandonnée du chanteur : "Ô, mon amour, lui dit-elle ! Tu m’as rendue si heureuse, que je t’ai tué pour qu’aucune autre femme ne puisse jamais entendre les paroles d’amour que tu m’as chantées ! Et te voilà, maintenant, muet à tout jamais ! Ô, mon amour ! Il ne faut pas dire aux princesses qu’on les aime, ne le savais-tu pas ?" Dans le ciel, un aigle survolait le champ où était ensevelie la triste tombe du chanteur. La princesse remarqua l’ombre de l’aigle, et leva la tête. L’aigle vint se poser devant elle et lui dit : "Ô, mon amour ! Je n’ai aimé que toi sur la terre ! Les paroles de ma chanson, toi-seule les aurais entendues ! Et maintenant, tends l’oreille !" La princesse écouta le silence, et soudainement elle entendit le chant des femmes travaillant dans les champs non loin de là : "Ô, ma princesse, je chante ta chanson ! Ô, ma princesse, je ne chante que pour toi !" Avant de s’envoler et de disparaître, l’aigle regarda la princesse et lui dit : " Toi seule connaissais cet air-là, pas vrai ? En me tuant, tu as fait de moi une légende, et toutes les femmes du comté chantent maintenant ta chanson ! Ô, mon amour, je te le dis ! Ta jalousie, ta vanité, ont tué notre amour ! Moi, je resterai maintenant aigle toute ma vie, tandis que toi, quand ta beauté se défraîchira, le soir à tes fenêtres, il y aura toujours une femme qui passera non loin de ton château, et tu entendras jusqu’à la fin de tes jours : "Ô, ma princesse, je chante ta chanson ! Ô, ma princesse, je ne chante que pour toi !" " Mais cet air-là, le vois-tu, ma princesse, ne t’appartiendra plus !" SN Juillet 2010
J’ai perdu la tête ! - Né, Fiolov ? Je ne connais point de famille Fiolov ! - Non ! Néfiolov en un seul mot ! C’est d’origine russe ! - Un russe en France ! Tu es aristocrate ! Ton compte est bon, mon lascar ! Tu seras dans la charrette dans les trois jours, tu peux compter sur moi ! Citoyens du jury populaire, faites votre devoir ! Cet homme retrouvé sans papiers à errer dans les rues de Paris vient d’avouer ! L’affaire me semble claire : l’aristocratie nous envoie à présent des espions russes pour fomenter un complot contre la République ! En ce 14 juillet, date anniversaire de notre soulèvement, nous ne pouvons que nous montrer intraitables ! Je vous propose donc pour cette homme la guillotine, charrette…euh… 374, au départ de la Bastille demain soir vers 17h ! Charrette avec changement à l’Opéra, direction la Concorde ! - Oh, eh, ça ne va pas recommencer comme en 17, hein ! Les cocos avaient déjà voulu la tête de mon arrière-grand-père à Smolensk, et maintenant, c’est à Paris, au pays des droits de l’homme que l’on juge sans procès ! Citoyen Président, avant de m’envoyer chez ton coiffeur, aurais-tu la décence de m’entendre, ou tout du moins celle d’écouter mon avocat commis d’office ici présent ? J’en appelle au peuple de France ! Citoyens, est-ce donc cela la nouvelle justice du peuple ? » Dans la salle, un grondement se fit entendre. Dans un coin du tribunal, un homme pomponné comme la Pompadour et aux manières précieuses, leva la main pour réclamer le silence. A ses côtés, un homme au regard intéressé par les débats suivait la scène d’un air sceptique. Le Président tapa de son marteau sur sa chaire, et s’adressa à l’assemblée présente : « Silence, citoyens ! Le citoyen Robespierre désire prendre la parole ! » Le précieux se leva, et s’avança vers moi. Son sourire glacial m’envoya durant l’instant au pays de quelques lointains de mes ancêtres, la Sibérie. Ce mec-là, me disais-je, s’il faisait de la publicité pour une marque de réfrigérateur, il ferait un carton ! « Citoyen Fiolov, commença-t-il, ton argument sur la justice du peuple est recevable. Mais tes propos sont confus : que nous parles-tu de 1717, où tes aïeuls terrorisaient le peuple et avaient droit de vie ou de mort sur leurs terres ? Et quels sont donc ces étranges cocos qui auraient inventé la Révolution avant nous ? - Mais non, citoyen ! Tu ne peux pas comprendre : je parle de 1917, en Russie ! Ils étaient tous comme toi : ils tuaient tous ceux qui se mettaient sur leur passage en promettant au peuple la liberté, l’égalité et le bonheur. Et de toutes ces belles idées que je trouve magnifique et pour lesquelles je chante depuis toujours, ils n’en ont respecté aucune, aveuglés par leur soif de pouvoir et d’entrer dans l’Histoire, et retranchés dans leur peur de se faire assassiner ou renverser par un autre encore plus gourmand qu’eux. Un peu comme toi, citoyen, n’est-ce pas ? » Un oooooh pétrifié parcourut la salle et le tribunal. Le citoyen assis aux côtés de Robespierre au début de mon procès, se leva d’un bond en hurlant : « Comment oses-tu insulter un élu du peuple, citoyen ? » Magnanime et sournois, Robespierre leva la main en signe d’apaisement : « Calme-toi, citoyen Danton ! Manifestement, cet homme n’a plus toute sa raison ! - Danton ? C’est bien ton nom, m’enquis-je avec surprise. - Oui, Danton, tu es sourd ou quoi ? - Ah, je croyais que les paroles étaient de Michel Sardou, mais en fait, tu les avais bien prononcées. Bon, ben citoyen Danton, fais gaffe à l’autre mannequin en face de moi ! Il est en train de vous préparer une petite charrette à toi et tes camarades, et si tu veux changer le cours de l’Histoire, t’aurais plutôt intérêt à écouter mon conseil. En fait, c’est pour cela que je suis ici : pour te prévenir ! Car je pense que tu as cousu sur le cœur, les trois mots magiques qui font rêver le peuple : « Liberté-Egalité-Fraternité ! » Mais, aveuglé par ton devoir, tu ne vois pas que l’autre n’a pas du tout envie que tu lui fasses de l’ombre, et qu’il ne rêve que d’une chose, c’est de t’envoyer chez le barbier sans ticket retour ! « Médusée, l’assistance se tût l’espace de quelques secondes. Interloqué, Danton me dévisageait en cherchant à scruter au fond de mon âme le vrai du faux de mes paroles. Robespierre brisa le silence et reprit avec un sourire qui lui eut valu un prix de l’hypocrisie au Sénat : « Je vous le disais, mes amis citoyens, cet homme n’a pas toute sa raison. Ne faisons point cas de ses propos. Il n’est pas du devoir de la Révolution de guillotiner les fous. Aussi, je propose qu’on l’interne dans un établissement où quelques médecins de mes amis essaieront d’apaiser ses tourments et de lui rendre sa raison. - Qu’en penses-tu, citoyen Danton, interrompis-je l’avocat douteux. Je suis fou ? Alors, comment se fait-il que je connaisse cet homme assis au troisième rang et qui écoute sans mot dire ? Oui, toi là-bas, le petit au regard malin. Je sais ton nom : tu t’appelles Napoléon Bonaparte, et tu rêves secrètement de devenir l’Empereur des français ! Je te rassure, si Danton ne saisit pas la chance que je lui offre, tu vas y arriver ! » La séance fut interrompue par le marteau du Président du Tribunal qui se mit à vociférer : « Il suffit, maintenant ! Jury, fais ton devoir ! Le réquisitoire du procureur ordonne la guillotine pour cet aristocrate qui a reconnu l’être. Nous remercions la brillante intervention du citoyen Robespierre pour sauver la tête de ce suppôt des royalistes. L’humanité du citoyen Robespierre doit rester un exemple pour nous tous ! Mais nous devons rester fermes ! La main de la justice du peuple ne doit pas trembler devant son devoir ! Je dis, à mort, l’aristocrate !!! - A mort, à mort, reprit la salle en écho et dans une même voix. » Je surveillais le regard de Danton. Il était silencieux au milieu de la foule qui hurlait. Il venait de comprendre que j’avais dit la vérité. Mais son regard n’était point inquiet pour son sort, mais surtout empreint de tristesse pour l’avenir de cette République qui lui était si chère, et dont il savait à présent qu’elle ne verrait pas le jour de sitôt. Robespierre me tapota l’épaule tandis que le brouhaha continuait dans la salle, et me murmura à l’oreille : « Tu voulais sauver le peuple, citoyen ? Sache que la politique est bien plus subtile. Tu n’auras malheureusement pas le temps de l’apprendre, mais la vérité se retourne toujours contre celui qui la dit, dans notre monde impitoyable. - Oh, je le sais citoyen Robespierre. Je te remercie de ta sollicitude. En retour, je vais t’apprendre quelque chose que tu auras à peine plus le temps que moi de méditer : sache, citoyen, que les despotes n’ont qu’un temps. Et que même cachée derrière ton indéniable habileté, le peuple t’enverra bientôt sur le même échafaud où tu viens de m’emmener et où tu enverras ton ami Danton de crainte qu’il ne te démasque. En cela, tu sais que j’ai raison, car comment autrement aurais-je pu savoir pour Danton ? C’est comme dans mes chansons : je voulais sauver le monde en le mettant en garde, et plus je voulais le sauver, et moins je vendais de disques ! Bon, là, tu ne peux pas comprendre. Mais, regarde le petit homme dont je parlais au troisième rang ! Il jubile ! Il vient de comprendre que vos déchirures et votre soif du pouvoir lui offrait le monde ! Je suis triste, citoyen. Triste pour Marianne que je trouvais si belle et que tu as cocufiée. Mais je te rassure, je n’ai pas peur de l’échafaud. Il est le lot des poètes, et des hommes qui disent la vérité. » Déjà, les gardes m’emportaient. Danton me fit un signe de la main. Bonaparte était debout. En relevant le menton, il me salua comme on rend les honneurs militaires… Il fait beau ! La Concorde est remplie de monde. Tel le Jean-Michel Jarre moyen, je m’apprête à donner mon dernier concert ! Que de monde ! C’est magique ! Je savais que j’y arriverai. C’est bizarre, mes nouveaux musiciens ont l’air apeurés. Quel trac, ils doivent se taper. Allez, j’y vais ! J’entre en scène le premier, la foule m’acclame. C’est beau ! Toutes mes galères défilent devant mes yeux ! Mais, enfin, mon talent est reconnu. Je caresse Caroline, ma fidèle guitare. Je plaque le premier accord. Je suis si heureux !... Et la lame tombe sur ma nuque, emportant mes chansons pour l’éternité. SN Juin 2010 18 juin ! Il nous manquait deux goals ! Je suis vraiment désolé d’arriver en retard pour sauver la patrie ! Mais, comme le disait notre bon général en 1940, une débâcle n’empêche pas un come-back ! Vu qu’en ces années de misère, la France avait mis quatre ans à se remettre, si l’histoire se répète, nos bons footballeurs devraient pouvoir laver leur honneur à la prochaine coupe du monde au Brésil, dans exactement quatre ans ! Si je présente mes excuses aujourd’hui à la France, c’est qu’en fait, j’avais le plan imparable pour éviter que notre beau pays soit la risée du monde aujourd’hui, et que la presse internationale ne puisse livrer ses quolibets à la une de toutes leurs cinq colonnes, en se moquant effrontément de nos bons coqs qui ont des excuses, car si vous servez de la téquila dans la basse-cour, vous constaterez immédiatement que ça devient vite le boxon ! Surtout s’il y a plusieurs coqs, et une bonne poule aux œufs d’or à se farcir ! Humblement, je vous demande donc pardon, peuple de France, mais ce n’est pas entièrement de ma faute, mais celle de mon forfait téléphonique pas assez puissant pour joindre notre sélectionneur, notre bon Raymond ! En effet, ayant constaté comme tout un chacun notre inefficacité à planter un but, les balbutiements de notre défense, les errements de nos milieux de terrain, je me suis mis à plancher sur une solution imparable pour remédier à cette cacophonie ! Je me suis dit : « Stéphane, tu es un musicien pas trop nul, et il y a peut-être un moyen de faire jouer tous ces solistes en place et ensemble, si tu arrives à mettre dans cette équipe une bonne assise basse-batterie ! » Boum ! Et la lumière a jailli dans mon cerveau, tel le Mozart moyen enchanté d’avoir rencontrer la flûte ! Et oui ! Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Il fallait mettre nos deux gardiens sur la pelouse !!! En premier lieu, parce qu’ils sont bons tous les deux ! En second lieu, parce qu’en cas de pénalty comme ce fut le cas contre tous ces petits Speedy Gonzalez qui couraient plus vite que nos vacanciers avachis, c’est plus facile à arrêter à deux que tout seul ! Bon, d’accord, on aurait toujours pas marqué de but ! Mais là aussi, j’avais un plan ! On attendait tranquillement la 90ème minute du match, et on envoyait sournoisement un de nos deux gardiens marquer un but de la main, et l’affaire était dans le sac ! Ben, quoi ? Ca avait très bien marché contre les irlandais, non ? Alors, pourquoi avoir changé une tactique qui avait fait ses preuves ? Voilà, mes chers compatriotes, pourquoi aujourd’hui je suis obligé de présenter mes excuses à la communauté française, pour ne pas avoir pu joindre notre bon Raymond, qui lui, ne pouvait pas penser à tout ! C’est vrai, il avait bien d’autres chats à fouetter ! C’est dur d’organiser un séjour pour toute une colonie dans un Club Méd en Afrique du Sud ! Faut surveiller la température de la piscine, s’occuper des billets d’avion des gonzesses, veiller à ce que les repas soient dignes d’un hôtel 5 étoile, et en plus, quand tu organises un tel camp pour des stars, t’es même emmerdé par les paparazzis ! C’est vrai, quoi, t’aimerais, toi, qu’on vienne te parler boulot quand tu te la coules douce au soleil ? Qu’est-ce qu’ils sont chiants, ces journalistes ! Ils nous ont fait perdre tout notre temps, avec leurs conférences de presse ! Même pas le temps à nos bons joueurs de se reposer peinards pour garder des forces pour les matchs ! Bon ! Comme je suis aussi pote avec Laurent et que mon forfait téléphonique va jusqu’à Bordeaux, je vous promets de réagir plus vite en cas de besoin l’année prochaine. Et puis, une fois qu’on aura digérer le digestif… (Digérer le digestif…oups… : litote ou pléonasme ?), donc je disais, une fois que l’on aura digérer le digestif à la téquila, eh bien, il sera tant de reprendre l’apéro. Et à l’apéro, rien de tel qu’un petit Blanc pour se remettre en forme ! Mille milliards de soubis à tous ! SN |
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