Stephane Néfiolov

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La lettre du mois

Aout 2010

J’ai écrit un conte !

Comme c’est l’été et que je suis très solidaire de mon public, j’ai décidé de vous venir en aide pour pouvoir endormir vos chérubins, car je sais que le plus dur est bien de distraire ces chères têtes blondes pendant les vacances. Aussi, vous serez heureux de pouvoir bercer vos petits afin qu’ils s’endorment béatement à la lumière de l’ordinateur, en vous écoutant leur lire le beau conte que je viens d’écrire en me creusant la cervelle pour que vos soirées s’emplissent de quiétude une fois les bêtes endormies !

Bien entendu, dans mon conte il y a une méchante princesse, un gentil troubadour amoureux, et un petit meurtre pour ne pas déstabiliser ces chers petits après leur journée passée sur la console à tuer plein de mecs qui ont des têtes patibulaires, et qui ressuscitent à qui mieux-mieux, on se demande par quel miracle !

J’ai donc testé mon conte avant de vous le faire parvenir, et comme dans « les chiffres et les lettres », cette émission qui dure depuis 100 ans, je peux vous assurer que mon conte est bon !

Tiens, une petite parenthèse en parlant des « chiffres et des lettres », vous savez que le record appartient toujours à un marseillais ? Et oui, ce jour-là, le représentant de la Canebière affrontait un parisien, et les deux hommes pour se contrer et ne pas lâcher le moindre point à l’adversaire avaient demandé le tirage suivant :

Le marseillais :

« Consonne ! »

Le parisien :

« Consonne »

Le marseillais :

« Consonne »

Et à tour de rôle, les deux énergumènes n’avaient demandé que des consonnes ! Bon, pour faire un mot avec que des consonnes, à part en polonais peut-être, c’est pas simple ! Lorsque l’animateur se tourna vers le parisien pour lui demander son mot, le parisien hilare avait répondu :

« Eh ! Il y a zéro lettre ! Il n’y a que des consonnes ! »

Avec une moue dubitative, l’animateur se retourna alors vers le marseillais pour lui demander s’il avait un mot, et à la stupeur générale, ce dernier répondit :

« Sept lettres !

- Sept lettres, monsieur Marius ? fit l’animateur ébahi ! Alors là, je vous écoute !

- C’était simple : PSGCDPD ! »

*Petite note pour les non-initiés au football français, le club de Paris s’appelle le Paris-St-Germain, plus communément appelé le PSG . Maintenant, vous pouvez relire la réponse du marseillais !

Bon, mais je m’égare ! Et mon conte ! Je vous livre donc cette fabuleuse histoire qui vous vaudra la reconnaissance éternelle de votre femme pour avoir si bien endormi les petits ! Ne vous inquiétez pas, ça marche ! Si, d’aventure, l’enfant ne s’évanouissait pas dans les bras du marchand de sable, alors, je vous préconise le « coup de pied au cul en pleine tête », arme toute aussi fatale, mais plus brutale, j’en conviens !

Mille milliards de soubis à tous, car après le conte, chut !... Les enfants dorment.

 

Conte écrit par votre serviteur, le 12/05/2010 :

 

Un chanteur aimait une princesse !

Une princesse aimait un chanteur !

Un jour, n’y tenant plus, le chanteur déclara sa flamme à la princesse !

Folle de joie, la princesse sentit son cœur vibrer, mais vibrer comme jamais il n’avait vibré ! Elle fut si heureuse de toute sa journée, que le soir, elle envoya ses gardes pour tuer le chanteur, puis elle pleura amèrement !

Quelques jours plus tard, sans que personne ne puisse la voir, elle alla déposer des fleurs sur la tombe abandonnée du chanteur :

"Ô, mon amour, lui dit-elle ! Tu m’as rendue si heureuse, que je t’ai tué pour qu’aucune autre femme ne puisse jamais entendre les paroles d’amour que tu m’as chantées ! Et te voilà, maintenant, muet à tout jamais ! Ô, mon amour ! Il ne faut pas dire aux princesses qu’on les aime, ne le savais-tu pas ?"

Dans le ciel, un aigle survolait le champ où était ensevelie la triste tombe du chanteur. La princesse remarqua l’ombre de l’aigle, et leva la tête. L’aigle vint se poser devant elle et lui dit :

"Ô, mon amour ! Je n’ai aimé que toi sur la terre ! Les paroles de ma chanson, toi-seule les aurais entendues ! Et maintenant, tends l’oreille !"

La princesse écouta le silence, et soudainement elle entendit le chant des femmes travaillant dans les champs non loin de là :

"Ô, ma princesse, je chante ta chanson ! Ô, ma princesse, je ne chante que pour toi !"

Avant de s’envoler et de disparaître, l’aigle regarda la princesse et lui dit :

" Toi seule connaissais cet air-là, pas vrai ? En me tuant, tu as fait de moi une légende, et toutes les femmes du comté chantent maintenant ta chanson ! Ô, mon amour, je te le dis ! Ta jalousie, ta vanité, ont tué notre amour ! Moi, je resterai maintenant aigle toute ma vie, tandis que toi, quand ta beauté se défraîchira, le soir à tes fenêtres, il y aura toujours une femme qui passera non loin de ton château, et tu entendras jusqu’à la fin de tes jours :

"Ô, ma princesse, je chante ta chanson ! Ô, ma princesse, je ne chante que pour toi !"

" Mais cet air-là, le vois-tu, ma princesse, ne t’appartiendra plus !"

SN
P-S : Toutes les dates de ma tournée québécoise sont dans "Dernière minute" ! Elles seront régulièrement mises à jour, car il en reste encore quelques-unes à définir ! Il y a un petit film sur la tournée dans "Vidéos" ! Ne manquez pas de découvrir l’artiste du mois dans la rubrique..."L’artiste du mois" ! (Ce que c’est que la simplicité)... Ce mois-ci, mon nouveau pote : Philippe LAVAL ! Bientôt, quelques nouvelles photos et vidéos ! Et puis, il y a le gag du mois, la phrase du mois...oups... Bonne ballade, les amis !

 

Juillet 2010

J’ai perdu la tête !


« Citoyen, quel est ton nom ?
- Stéphane Néfiolov, citoyen Président.

- Né, Fiolov ? Je ne connais point de famille Fiolov !

- Non ! Néfiolov en un seul mot ! C’est d’origine russe !

- Un russe en France ! Tu es aristocrate ! Ton compte est bon, mon lascar ! Tu seras dans la charrette dans les trois jours, tu peux compter sur moi ! Citoyens du jury populaire, faites votre devoir ! Cet homme retrouvé sans papiers à errer dans les rues de Paris vient d’avouer ! L’affaire me semble claire : l’aristocratie nous envoie à présent des espions russes pour fomenter un complot contre la République ! En ce 14 juillet, date anniversaire de notre soulèvement, nous nous devons de nous montrer intraitables ! Je vous propose donc pour cet homme la guillotine, charrette…euh… 374, au départ de la Bastille demain soir vers 17h ! Charrette avec changement à l’Opéra, direction la Concorde !

- Oh, eh, ça va pas recommencer comme en 17, hein ! Les cocos avaient déjà voulu la tête de mon arrière-grand-père à Smolensk, et maintenant, c’est à Paris, au pays des droits de l’homme que l’on juge sans procès ! Citoyen Président, avant de m’envoyer chez ton coiffeur, aurais-tu la décence de m’entendre, ou tout du moins celle d’écouter mon avocat commis d’office ici présent ? J’en appelle au peuple de France ! Citoyens, est-ce donc cela la nouvelle justice du peuple ? »

Dans la salle, un grondement se fit entendre. Dans un coin du tribunal, un homme pomponné comme la Pompadour et aux manières précieuses, leva la main pour réclamer le silence. A ses côtés, un homme au regard intéressé par les débats suivait la scène d’un air sceptique. Le Président tapa de son marteau sur sa chaire, et s’adressa à l’assemblée présente :

« Silence, citoyens ! Le citoyen Robespierre désire prendre la parole ! »

Le précieux se leva, et s’avança vers moi. Son sourire glacial m’envoya durant l’instant au pays de quelques lointains de mes ancêtres, la Sibérie. Ce mec-là, me disais-je, s’il faisait de la publicité pour une marque de réfrigérateur, il ferait un carton !

« Citoyen Fiolov, commença-t-il, ton argument sur la justice du peuple est recevable. Mais tes propos sont confus : que nous parles-tu de 1717, où tes aïeuls terrorisaient le peuple et avaient droit de vie ou de mort sur leurs terres ? Et quels sont donc ces étranges cocos qui auraient inventé la Révolution avant nous ?

- Mais non, citoyen ! Tu peux pas comprendre : je parle de 1917, en Russie ! Ils étaient tous comme toi : ils tuaient tous ceux qui se mettaient sur leur passage en promettant au peuple la liberté, l’égalité et le bonheur. Et de toutes ces belles idées que je trouve magnifiques et pour lesquelles je chante depuis toujours, ils n’en ont respecté aucune, aveuglés par leur soif de pouvoir et d’entrer dans l’Histoire, et retranchés dans leur peur de se faire assassiner ou renverser par un autre encore plus gourmand qu’eux. Un peu comme toi, citoyen, n’est-ce pas ? « 

Un oooooh pétrifié parcourut la salle et le tribunal. Le citoyen assis aux côtés de Robespierre au début de mon procès, se leva d’un bond en hurlant :

« Comment oses-tu insulter un élu du peuple, citoyen ? » 

Magnanime et sournois, Robespierre leva la main en signe d’apaisement :

« Calme-toi, citoyen Danton ! Manifestement, cet homme n’a plus toute sa raison !

- Danton ? C’est bien ton nom, m’enquis-je avec surprise.

- Oui, Danton, tu es sourd ou quoi ?

- Ah, je croyais que les paroles étaient de Michel Sardou, mais en fait, tu les avais bien prononcées. Bon, ben citoyen Danton, fais gaffe à l’autre mannequin en face de moi ! il est en train de vous préparer une petite charrette à toi et tes camarades, et si tu veux changer le cours de l’Histoire, t’aurais plutôt intérêt à écouter mon conseil. En fait, c’est pour cela que je suis ici : pour te prévenir ! Car je pense que tu as cousu sur le cœur, les trois mots magiques qui font rêver le peuple : « Liberté-Egalité-Fraternité ! » Mais, aveuglé par ton devoir, tu ne vois pas que l’autre n’a pas du tout envie que tu lui fasses de l’ombre, et qu’il ne rêve que d’une chose, c’est de t’envoyer chez le barbier sans ticket retour ! « 

Médusée, l’assistance se tût l’espace de quelques secondes. Interloqué, Danton me dévisageait en cherchant à scruter au fond de mon âme le vrai du faux de mes paroles. Robespierre brisa le silence et reprit avec un sourire qui lui eut valu un prix de l’hypocrisie au Sénat :

«  Je vous le disais, mes amis citoyens, cet homme n’a pas toute sa raison. Ne faisons point cas de ses propos. Il n’est pas du devoir de la Révolution de guillotiner les fous. Aussi, je propose qu’on l’interne dans un établissement où quelques médecins de mes amis essaieront d’apaiser ses tourments et de lui rendre sa raison.

- Qu’en penses-tu, citoyen Danton ? interrompis-je l’avocat douteux. Je suis fou ? Alors, comment se fait-il que je connaisse cet homme assis au troisième rang et qui écoute sans mot dire ? Oui, toi là-bas, le petit au regard malin. Je sais ton nom : tu t’appelles Napoléon Bonaparte, et tu rêves secrètement de devenir l’Empereur des français ! Je te rassure, si Danton ne saisit pas la chance que je lui offre, tu vas y arriver ! »

La séance fut interrompue par le marteau du Président du Tribunal qui se mit à vociférer :

« Il suffit, maintenant ! Jury, fais ton devoir ! Le réquisitoire du procureur ordonne la guillotine pour cet aristocrate qui a reconnu l’être. Nous remercions la brillante intervention du citoyen Robespierre pour sauver la tête de ce suppôt des royalistes. L’humanité du citoyen Robespierre doit rester un exemple pour nous tous ! Mais nous devons rester fermes, et la main de la justice du peuple ne doit pas trembler devant son devoir ! Je dis, à mort, l’aristocrate !!! 

- A mort, à mort, reprit la salle en écho et dans une même voix. »

Je surveillais le regard de Danton. Il était silencieux au milieu de la foule qui hurlait. Il venait de comprendre que j’avais dit la vérité. Son regard n’était point inquiet pour son sort, mais surtout empreint de tristesse pour l’avenir de cette République qui lui était si chère, et dont il savait à présent qu’elle ne verrait pas le jour de sitôt. Robespierre me tapota l’épaule tandis que le brouhaha continuait dans la salle, et me murmura à l’oreille :

«  Tu voulais sauver le peuple, citoyen ? Sache que la politique est bien plus subtile. Malheureusement, tu n’auras pas le temps de l’apprendre, mais la vérité se retourne toujours contre celui qui la dit, dans notre monde impitoyable.

- Oh, je le sais citoyen Robespierre. Je te remercie de ta sollicitude. En retour, je vais t’apprendre quelque chose que tu auras à peine plus le temps que moi de méditer : sache, citoyen, que les despotes n’ont qu’un temps. Et que même caché derrière ton indéniable habileté, le peuple t’enverra bientôt sur le même échafaud où tu viens de m’emmener, et où tu enverras ton ami Danton de crainte qu’il ne te démasque. Et en cela, tu sais que j’ai raison, car comment autrement aurais-je pu savoir pour Danton ? C’est comme dans mes chansons : je voulais sauver le monde en le mettant en garde, et plus je voulais le sauver, et moins je vendais de disques ! Bon, là, tu peux pas comprendre. Mais, regarde le petit homme dont je parlais au troisième rang ! Il jubile ! Il vient de comprendre que vos déchirures et votre soif du pouvoir lui offrait le monde ! Je suis triste, citoyen. Triste pour Marianne que je trouvais si belle et que tu as cocufiée. Mais je te rassure, je n’ai pas peur de l’échafaud. Il est le lot des poètes, et des hommes qui disent la vérité. »

Déjà, les gardes m’emportaient. Danton me fit un signe de la main. Bonaparte était debout. En relevant le menton, il me salua comme on rend les honneurs militaires…

Il fait beau ! La Concorde est remplie de monde. Tel le Jean-Michel Jarre moyen, je m’apprête à donner mon dernier concert ! Que de monde ! c’est magique ! Je savais que j’y arriverai. C’est bizarre, mes nouveaux musiciens ont l’air apeurés. Quel trac ils doivent se taper ! Allez, j’y vais ! J’entre en scène le premier. La foule m’acclame. C’est beau ! Toutes mes galères défilent devant mes yeux ! Enfin, mon talent est reconnu. Je caresse Caroline, ma fidèle guitare. Je plaque le premier accord. Je suis si heureux !... Et la lame tombe sur ma nuque, emportant mes chansons pour l’éternité.
Mille milliards de soubis à tous !

SN

P-S : Foncez dans la rubrique "Dernière minute", où toutes les nouveautés du mois vous attendent ! Et il y a de la nouvelle, ce mois-ci, notamment pour mes amis québecois ! Pour les autres aussi, ne vous inquiétez pas ! N’oubliez pas de découvrir le gag du mois où les bretons se déchaînent  ! L’artiste du mois : ce mois-ci, mon pote Zacharie le grand, dans la rubrique...oups..."L’artiste du mois" ! La phrase du mois !... Et de nouvelles photos en cliquant sur "juin 2010" dans la rubrique...reoups..."Photos" !


Juin 2010

 

18 juin ! Il nous manquait deux goals !
Je suis vraiment désolé d’arriver en retard pour sauver la patrie ! Mais, comme le disait notre bon général en 1940, une débâcle n’empêche pas un come-back ! Vu qu’en ces années de misère, la France avait mis quatre ans à se remettre, si l’histoire se répète, nos bons footballeurs devraient pouvoir laver leur honneur à la prochaine coupe du monde au Brésil, dans exactement quatre ans !
Si je présente mes excuses aujourd’hui à la France, c’est qu’en fait, j’avais le plan imparable pour éviter que notre beau pays soit la risée du monde aujourd’hui, et que la presse internationale ne puisse livrer ses quolibets à la une de toutes leurs cinq colonnes, en se moquant effrontément de nos bons coqs qui ont des excuses, car si vous servez de la téquila dans la basse-cour, vous constaterez immédiatement que ça devient vite le boxon ! Surtout s’il y a plusieurs coqs, et une bonne poule aux œufs d’or à se farcir !
Humblement, je vous demande donc pardon, peuple de France, mais ce n’est pas entièrement de ma faute, mais celle de mon forfait téléphonique pas assez puissant pour joindre notre sélectionneur, notre bon Raymond ! En effet, ayant constaté comme tout un chacun notre inefficacité à planter un but, les balbutiements de notre défense, les errements de nos milieux de terrain, je me suis mis à plancher sur une solution imparable pour remédier à cette cacophonie ! Je me suis dit :
« Stéphane, tu es un musicien pas trop nul, et il y a peut-être un moyen de faire jouer tous ces solistes en place et ensemble, si tu arrives à mettre dans cette équipe une bonne assise basse-batterie ! »
Boum ! Et la lumière a jailli dans mon cerveau, tel le Mozart moyen enchanté d’avoir rencontré la flûte !
Et oui ! Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Il fallait mettre nos deux gardiens sur la pelouse !!!
En premier lieu, parce qu’ils sont bons tous les deux ! En second lieu, parce qu’en cas de pénalty comme ce fut le cas contre tous ces petits Speedy Gonzalez qui couraient plus vite que nos vacanciers avachis, c’est plus facile à arrêter à deux que tout seul !
Bon, d’accord, on aurait toujours pas marqué de but ! Mais là aussi, j’avais un plan ! On attendait tranquillement la 90ème minute du match, et on envoyait sournoisement un de nos deux gardiens marquer un but de la main, et l’affaire était dans le sac ! Ben, quoi ? Ca avait très bien marché contre les irlandais, non ? Alors, pourquoi avoir changé une tactique qui avait fait ses preuves ?
Voilà, mes chers compatriotes, pourquoi aujourd’hui je suis obligé de présenter mes excuses à la communauté française, pour ne pas avoir pu joindre notre bon Raymond, qui lui, ne pouvait pas penser à tout ! C’est vrai, il avait bien d’autres chats à fouetter ! C’est dur d’organiser un séjour pour toute une colonie dans un Club Méd en Afrique du Sud ! Faut surveiller la température de la piscine, s’occuper des billets d’avion des gonzesses, veiller à ce que les repas soient dignes d’un hôtel 5 étoiles, et en plus, quand tu organises un tel camp pour des stars, t’es même emmerdé par les paparazzis ! C’est vrai, quoi, t’aimerais, toi, qu’on vienne te parler boulot quand tu te la coules douce au soleil ? Qu’est-ce qu’ils sont chiants, ces journalistes ! Ils nous ont fait perdre tout notre temps, avec leurs conférences de presse ! Même pas le temps à nos bons joueurs de se reposer peinards pour garder des forces pour les matchs !
Bon ! Comme je suis aussi pote avec Laurent et que mon forfait téléphonique va jusqu’à Bordeaux, je vous promets de réagir plus vite en cas de besoin l’année prochaine. Et puis, une fois qu’on aura digéré le digestif… (Digérer le digestif…oups… : litote ou pléonasme ?), donc, je disais, une fois que l’on aura digéré le digestif à la téquila, eh bien, il sera bien temps de reprendre l’apéro. Et à l’apéro, rien de tel qu’un petit Blanc pour se remettre en forme !
Mille milliards de soubis à tous !
SN

Mai 2010

J’ai quinze ans !

Et l’amour est coupable, jaloux, exclusif, égoïste et égocentrique ! Soumis aux conditions du seul fait d’aimer qui arroge un droit de possession !

"Les jaloux sont déjà des tigres vaincus !"

Et malheureusement, tu es trop jolie pour les hommes ! Alors, ils ont peur de ton soleil, et ne pensent qu’à le mettre dans l’ombre de peur qu’il n’éblouisse d’autres hommes ! Si un jour tu tombes vraiment amoureuse, j’espère que tu sauras si l’homme que tu aimes respecte ton soleil, et en est fier jusqu’à le faire resplendir à la face du monde ! Alors, je te le dis : ce sera le bon !!!

Aujourd’hui, j’ai quinze ans ! C’est dur, l’adolescence ! Surtout si on est amoureux ! C’est pas facile d’avoir de bonnes notes en math quand on a l’âme poétesse :

"E=MC2, mon amour !"

Et si j’avais fait une erreur de calcul ? Hein ? C’est toi, Einstein, qui viendra me consoler ? Et la loi de l’attraction terrestre : je cite Newton :

"En vertu du principe de l’action et de la réaction, la force exercée par l’autre corps sur le premier doit être égale (et de direction opposée) et doit aussi être proportionnelle à m’G, la masse gravifique du deuxième corps."

Et voilà le problème dans toute la complexité de l’amour !!! Une seule petite erreur dans la proportionnelle avec l’être aimé, m’g se désagrège et m que nous appellerons "mec", perd g que nous appellerons "gonzesse" ! En maths, ça s’appelle une bulle, en amour, une rupture !

Bon ! Vu que j’étais nul en math, je peux essayer de me consoler en me disant que je ne peux pas être nul partout ! Mais c’est vrai que le pur amour ne peut être qu’une histoire d’adolescence ! T’es amoureux, t’attends ta petite, et t’as la même boule au ventre de savoir si elle viendra que d’aller regarder sur le tableau si t’as été reçu au bac !

Aujourd’hui, j’ai quinze ans ! J’en sais des choses que je ne connais pas ! Par exemple, l’heure ! C’est simple l’heure :

"Au quatrième top, il sera midi !"

Bip...bip...bip...bip... Midi ! Où est-elle ? Que fait-t-elle ? Est-ce qu’elle devine que je pense à elle ? Est-ce que...:

"Pardon, monsieur, quelle heure est-il s’il vous plaît ?

-Il est midi, mon gars ! Regarde le soleil ! Il est juste au-dessus de ta tête ! C’est pas compliqué de savoir qu’il est midi quand t’as le soleil juste au-dessus du crâne !

-Le soleil ! Yes !!! Je vais lui acheter le soleil, comme ça, je saurai toujours où elle est !

-Oui, ben avant d’acheter le soleil, tu ferais mieux de voir si il t’a pas un peu cogné trop fort sur les neuronnes !"

Bah ! Laissons le maugréant ! Je t’achèterai le soleil, mon amour ! J’ai quinze ans et toute la vie pour y arriver ! Je ferai juste attention que la lune n’en soit pas trop jalouse, pour qu’elle continue à éclairer ta peau satinée quand tu dormiras dans mes bras !

J’ai quinze ans ! Je suis amoureux et ça fait mal ! Ca me coupe la respiration, des fois. Alors, le temps de reprendre mon souffle, j’apprivoise la mélancolie. Mais je n’ai qu’une seule véritable appréhension : c’est qu’un jour, je sois guéri !

Mille milliards de soubis à tous !

SN


Avril 2010

 

L’Auvergnat Libyen !

Elle est à toi cette chanson

Toi l’Auvergnat qui sans façon

M’as donné quatre bouts de bois

Quand dans ma vie il faisait froid...

Qui ne connaît pas cette chanson du grand Brassens ? Eh bien, cette chanson, le mois dernier, je l’ai ressentie au plus profond de moi ! C’est bizarre, la vie ! On est plein d’idées reçues ! Aussi, lorsque j’appris que j’allais faire une escale à tripoli dans le pays du terrible Kadhafi, je me suis tout de suite demandé à quelle sauce ils allaient me manger là-bas ! J’en menais pas large ! Pour le coup, j’avais décidé de laisser tout mon bon humour dans la soute à bagages de l’avion ! Pas question de faire l’âne à Tripoli ! Je me voyais déjà emmené dans le désert dans une prison horrible, au milieu de terroristes repentis de tous les pays : des russes, des chinois, des africains rebelles, des GI gémissant sous d’atroces tortures, et moi, le breton de service, enlevé pour cause d’humour déplacé ! Outrage à agent à Tripoli, ça devait au moins valoir dans les 10 à 20 ans ! Alors, c’est clair mon petit gars : tu la fermes !!!
Tripoli ! En descendant de l’avion, mes mains tremblaient et mon cœur cognait dans ma poitrine ! Un filet de sueur gouttait de mon front fiévreux, et ce n’était pas la chaleur ! Et puis, l’épreuve terrible que je redoutais arriva : il était là ! La mine patibulaire, les moustaches sournoises, prêt à sauter sur ses menottes pour m’attacher et m’expédier dans un camp loin de ma bonne Bretagne bien-aimée !
Heureusement, avant de partir, j’avais prévenu tous mes bons potes de chez ma copine "Marie" qui tient un bar à Morlaix :

"Ne m’abandonnez pas en Libye, je vous en supplie ! Si vous ne me voyez pas revenir, alertez le Consulat ! Organisez un voyage à Paris pour aller manifester devant l’ambassade de Libye ! Convoquez la presse internationale ! TF1 ! Antenne2 ! CNN ! Radio Canada, (J’ai une copine qui y bosse) ! Diffusez des messages sur Nostalgie, Rire et Chansons, Radio Luxembourg, la Suisse neutre ! Organisez des concerts de soutien ! Ressucitez Gainsbourg, Brel, Brassens, Ferrat, Bashung, tous mes vieux potes !   Faites appel à notre bon président et à sa bonne fée Carla ! Mais surtout : payez la rançon ! Ne marchandez pas !!!"

Et tous mes bons potes me promirent de se cotiser au cas où je serais lâchement pris en otage en Lybie ! Alors, je suis parti, tel l’Ingrid Betancourt moyenne, affronter le terrible destin qui m’attendait !

"Welcome to Libya, sir !"

Et voilà ! Je m’en doutais ! La peur venait de me donner des hallucinations ! En face de moi, le policier au regard féroce me souriait en prenant mon passeport, et me parlait comme si j’étais un VIP !

Restons calme ! Ne bougeons pas un sourcil ! On m’avait prévenu des ruses perfides des policiers libyens !

"Oh ! Français ! Bienvenue en Lybie, monsieur ! Votre avion redécolle dans trois heures, mais vous avez accès à la cafétéria de l’aéroport. Si vous voulez fumer, il y a un espace prévu pour les fumeurs. Je vous souhaite une très bonne escale à Tripoli, monsieur."

Et voilà ! Je me retrouvais dans l’espace réservé au transit, et miracle : on pouvait fumer ! Entre temps, j’étais passé au rayon X comme dans tous les aéroports, mais tous les douaniers m’avaient souri. Les femmes qui travaillaient aussi à la sécurité, portaient le tchador à leur gré. Aucune obligation ! Certaines, tête nue, étaient fort jolies, et ne se privaient pas de vous sourire !

J’en ai vu quelques-uns, des aéroports ! Mais je peux vous jurer que le plus cool de tous, c’est bien celui de Tripoli ! Dommage par contre, il n’y avait pas de distributeur Mastercard. Seulement un changeur Visa. D’ailleurs, si vous voyagez en Afrique, prenez-vous une carte Visa ! Il n’y a que ça là-bas.

C’est ainsi qu’au bout d’une petite heure, je me décidais à racler le fond de mes poches pour m’acheter un café. Il me restait 1 euro 90 cts ! Un bon café, ça allait me réveiller ! Il était aux environs de 6 heures du matin. Je m’approche près du bar, et je demande poliment au serveur s’il prenait  les Euros. Il me répondit dans un anglais impeccable qu’il n’y avait pas de problème, et que le café était à 2 euros ! Raté ! C’est bête, hein ? Pour 10 cts, j’étais fait aux pattes, et je n’aurai pas mon café !

Je retournais donc à ma place fumer ma énième cigarette, lorsqu’un homme d’une trentaine d’années s’est approché de moi, et m’adressa la parole dans un très bon anglais :

"Bonjour, monsieur. Excusez-moi de vous déranger, mais il m’a semblé que vous aviez un petit problème, au bar. Est-ce que je peux me permettre de vous rendre service ?

- Non, je vous remercie, monsieur. Vous êtes très aimable. Mais, malheureusement, il n’y a pas de distributeur Mastercard dans l’aéroport, et je n’ai que 1 euro 90 sur moi. C’est trop bête, le café est à 2 euros !

- Laissez-moi vous offrir un café ! Ce n’est pas un problème, et cela me ferait plaisir de vous rendre ce service !

- Ecoutez, vous êtes vraiment trop gentil, mais dans ce cas-là, je vous prie de prendre mes 1 euro 90.

- Monsieur, ce serait une insulte ! Vous êtes sur le sol de ma patrie, et je ne saurai laisser un visiteur dans le désagrément dans mon pays. Je vous offre ce café, monsieur. Et c’est de tout cœur !"

Je ne pouvais refuser. Mon hôte de l’aéroport a commandé 2 cafés, et nous nous sommes assis à une table comme de vieux amis. Il s’envolait pour Londres. Le café était très chaud. Et c’est à ce moment que l’on m’a appelé pour rejoindre mon vol. J’avais mon café brûlant à la main, et mon nouveau pote libyen est venu m’accompagner à la porte d’embarcation qui était toute proche de notre table. En me voyant approcher, le policier qui contrôlait les billets d’embarcation et les passeports m’a regardé, et dans un grand sourire, il m’a dit :

"Regardez la queue ! Vous avez largement le temps de finir votre café à table avec votre ami ! Ne vous inquiétez pas ! Donnez-moi votre passeport que je l’enregistre, et je vous ferai signe quand il sera temps pour vous d’embarquer !"

Et voilà ! Je m’envolais trois-quarts d’heure après de Tripoli ! Oh, Kadhafi ! Le monde a peur de toi ! Je ne sais exactement le pourquoi du comment ! Mais une chose est sure, c’est que ton peuple est aimable, serviable, respectueux de l’étranger, et semble vraiment heureux ! Rien que pour cela, tu ne dois pas être si mauvais que ça ! Aussi, tel le Brassens remerciant l’Auvergnat d’une chanson, je te remercie mon ami libyen, qui m’a offert ce café qui m’a fait tant de bien au corps et au cœur, et je suis fier de te dédier cette modeste "Lettre du mois" !

Que Dieu te garde, mon premier ami libyen ! Que Dieu te garde !

Mille milliards de soubis à tous !

SN